La poupée et les bijoux/2 la suite
🌸 Avant de poursuivre le récit de l’amitié entre Fleuréta et Haute, ouvrons une page sur la vie de Fleuréta — cette jeune femme au cœur sincère.
C’était une jeune fille sur qui circulaient parfois de fausses histoires. Chacun la mettait dans un rôle qui confortait sa propre personnalité ou son ego.
Fleuréta venait d’une famille de classe moyenne, pas très nombreuse, et elle était une fille assez gâtée par sa famille. Elle avait un seul frère, plus jeune qu’elle. Leur famille était majoritairement féminine, mais Fleuréta avait reçu la même éducation que son frère, ce qui n’était pas toujours le cas dans d’autres familles.
Elle avait appris très jeune à utiliser les moyens de transport de sa famille, ce qui lui donnait beaucoup de liberté. Mais pour garder cette liberté, elle devait rester honnête, et Fleuréta l’était profondément. Elle essayait d’aider les gens qu’elle aimait, avec son temps et sa présence.
Fleuréta avait plusieurs amies et ne s’ennuyait jamais. Elle essayait même de régler les problèmes de ses amis en en parlant parfois à sa famille pour qu’ils puissent les aider. En apparence, elle ne se retenait pas trop : elle était naturelle, spontanée, et certains la trouvaient frivole ou infidèle. Pourtant, même si elle portait parfois des vêtements plus courts pendant sa jeunesse, elle ne l’était pas. Elle était très fidèle à sa parole.
Elle devint plus conservatrice après avoir perdu deux amis, à l’âge de 15 ans et de 20 ans, à cause de la même maladie. Ce fut un choc immense. Elle ne pouvait plus imaginer faire du mal à quelqu’un, même si parfois elle pensait que certains le méritaient. Elle préférait laisser le jugement au divin, car elle était très croyante et estimait ne jamais avoir assez d’informations pour juger une personne.
🌸 La suite de l’histoire de Fleuréta – L’âge des propositions de mariage
Les années passèrent, et Fleuréta arriva à l’âge où les mamans commençaient à chercher une épouse pour leurs fils. Dans les fêtes de mariage où elle était invitée, certaines femmes l’observaient discrètement. Elles regardaient sa manière de parler, de se comporter, de sourire… puis, si elle leur plaisait, elles demandaient son nom, sa famille, et ajoutaient son profil à la liste des jeunes filles qui pourraient convenir à leur fils.
Car dans leur tradition, le prétendant donnait à sa mère une liste de critères : la personnalité qu’il souhaitait, les valeurs, le caractère, parfois même le niveau d’étude ou le style de vie. Et la maman, avec beaucoup de soin, cherchait la femme idéale pour lui.
Il existait aussi une autre manière de rencontrer quelqu’un : se croiser au travail, à l’école, ou dans un endroit public. Si un jeune homme était intéressé, il demandait alors l’autorisation à la famille de Fleuréta pour pouvoir la rencontrer, dans un cadre sérieux, avec l’intention du mariage et de fonder une famille.
Les rendez‑vous duraient quelques semaines ou quelques mois. On apprenait à se connaître, à discuter, à voir si les caractères s’accordaient. Puis venait le moment de décider : continuer vers les fiançailles… ou s’arrêter là.
Et si l’un des deux ne souhaitait pas poursuivre, ce n’était pas un drame. Chacun reprenait son chemin, avec respect, et allait chercher ailleurs la personne qui lui conviendrait mieux. Car, comme disait souvent la mère de Fleuréta :
🌟 « Il vaut mieux arrêter tôt que continuer une histoire qui ne mènera pas à une vie heureuse. »
Fleuréta, avec son cœur honnête et sa sagesse, comprenait cela. Elle savait que chaque rencontre était une étape, une expérience, un petit morceau de vie. Et elle avançait avec douceur, sans se presser, en gardant ses valeurs et sa fidélité intérieure.
🌸 Le mariage de Fleuréta – Une histoire différente des autres
Le mariage de Fleuréta n’était pas comme les autres histoires de son époque. Même si elle était très romantique et qu’elle aimait les contes de fées, elle ne le montrait jamais. Les gens disaient qu’elle était froide, qu’elle ne ressentait rien… mais c’était encore un mensonge de plus sur Fleuréta.
Ses amies trouvaient étrange qu’elle n’ait jamais eu de petit ami. Pour elles, c’était un signe qu’elle n’était pas intéressée par l’amour. Mais Fleuréta savait très bien pourquoi elle agissait ainsi : elle comprenait les gens de très loin, sans avoir besoin de les fréquenter. Elle avait des émotions sincères, profondes, et elle avait surtout peur d’être déçue.
Alors, elle avait développé ses propres critères, très précis, pour reconnaître un prétendant sérieux.
🌟 Les critères de Fleuréta
1. La fidélité
Pour elle, un garçon qui, après un premier refus, allait immédiatement demander une autre fille, n’était pas sérieux. Elle disait souvent :
« S’il tenait vraiment à moi, il ferait un effort pour me connaître avant de chercher ailleurs. »
✨ Elle croyait qu’un homme qui ne fait aucun effort au début d’une histoire… n’en fera jamais davantage par la suite.
2. La valeur qu’il donne aux femmes
Il y avait aussi ceux qui ne savaient plus où donner de la tête, qui hésitaient entre plusieurs filles comme si elles étaient toutes pareilles. Pour Fleuréta, c’était un signe clair :
« Celui qui pense que toutes les filles se valent ne saura jamais apprécier une femme pour ce qu’elle est vraiment. »
Ces prétendants-là étaient éliminés de sa liste.
3. La générosité du cœur
Le radin, celui qui ne montre rien, qui ne donne rien, qui ne partage rien pendant les sorties… Fleuréta le retirait aussi de sa liste. Pour elle, la générosité n’était pas une question d’argent, mais de présence, d’attention, de chaleur.
4. La présence émotionnelle
Il y avait aussi celui qui ne savait pas être là. Celui qui ne pouvait rester à ses côtés que cinq minutes par mois, celui qui ne ressentait rien de ce qu’elle ressentait. Pour Fleuréta, c’était impossible :
« Si nos émotions ne se rencontrent pas, nos vies ne se rencontreront jamais. »
🌼 Pourquoi Fleuréta n’avait pas de petit ami
Avec tous ces critères, Fleuréta comprenait très vite que beaucoup de garçons ne lui correspondaient pas. Elle n’avait pas besoin de vivre une histoire pour savoir qu’elle ne serait pas heureuse. Elle observait, elle analysait, elle ressentait… et elle savait.
Pour elle, avoir un petit ami ne servait à rien si elle voyait déjà, de loin, que le caractère ne serait pas bon, que l’effort ne serait pas là, que la sincérité manquerait.
Elle préférait attendre. Attendre celui qui montrerait son attachement avant le mariage, celui qui ferait des efforts, celui qui serait présent, celui qui aurait un cœur généreux, celui qui la verrait comme unique.
Et c’est ainsi que Fleuréta avançait dans la vie : avec prudence, avec sagesse, avec un cœur romantique… mais protégé.
🌸 La rencontre qui a changé la vie de Fleuréta
Après avoir terminé ses études, Fleuréta commença à connaître quelqu’un par correspondance. C’était un jeune homme issu d’une famille modestement pauvre, mais très nombreuse. Elle admirait son parcours : malgré les difficultés, il avait réussi à se développer seul, à construire sa carrière, et à poursuivre ses études à l’étranger. Il était poli, respectueux, et très attentif dans ses messages.
Un jour, il lui écrivit qu’il reviendrait dans sa région pour quelques semaines. Il lui demanda alors la permission de la rencontrer. Fleuréta en parla à sa famille, qui accepta le rendez‑vous. Le jeune homme l’invita au restaurant.
Pour elle, c’était la première fois qu’elle sortait avec quelqu’un. Lors de ce premier rendez‑vous, il lui demanda directement sa main. Fleuréta accepta. Elle avait observé son comportement, ses paroles, sa manière de s’exprimer… et elle sentait qu’il avait les qualités d’un bon époux.
Il était étudiant, et elle savait qu’elle devait serrer la ceinture et ne pas être exigeante pour le mariage. Sa famille, contrairement à d’autres familles de la région, ne demanda rien : ni dot colossale, ni conditions impossibles. Ils voulaient simplement la paix, le respect, et que Fleuréta soit heureuse.
Dans leur région, certaines familles demandaient des sommes énormes pour donner leur fille en mariage. Mais lui, malgré sa situation modeste, fit tout ce qu’il pouvait : il lui offrit une bague en diamant, il acheta sa robe de mariée, et il lui donna une somme d’argent pour qu’elle puisse se préparer, acheter son collier en or, et organiser les détails du mariage.
Fleuréta ne connaissait pas réellement sa famille. Elle ne les vit que le jour du mariage, lorsqu’elle fut accueillie chez eux, dans la maison familiale où elle allait désormais porter leur nom.
Leur tradition était différente de celle de sa ville natale. Ils n’avaient pas beaucoup de moyens, mais ils avaient un grand cœur. La fête dura trois jours : un dîner pour cinq cents personnes, de la musique, des danses, et une ambiance chaleureuse pour souhaiter la bienvenue à la nouvelle mariée dans leur petite ville.
Fleuréta était stressée. Elle se jetait dans une histoire courageuse : se marier sans connaître réellement son mari, sans connaître ses amis, sans connaître sa famille. Mais à première vue, c’était une famille respectueuse, soudée, et pleine de bonnes intentions.
Dans sa ville natale, ses amies furent très surprises lorsqu’elle les invita au mariage. Tout s’était passé si vite. Ses amies, étaient en couple depuis cinq ou huit ans, n’avaient jamais reçu de demande en mariage.
Fleuréta leur expliqua simplement :
🌟 « Quand un homme demande rapidement, c’est souvent sincère. Il n’a pas hésité, il n’a pas joué, il n’a pas comparé. Il a respecté ma famille et il m’a respectée. C’est un homme sérieux. »
Et c’est ainsi que Fleuréta entra dans une nouvelle vie, avec courage, douceur, et l’espoir d’un avenir paisible
🌸 La vie de Fleuréta après le mariage – Le chemin vers Haute
Fleuréta aimait travailler, non pas seulement pour l’argent — même si avoir un revenu était indispensable dans cette vie difficile — mais parce qu’elle avait ses propres rêves et ambitions. Avant le mariage, elle enseignait, et pour elle, travailler était essentiel au bien‑être d’une personne.
Un mois après le mariage, elle demanda à son mari la permission de reprendre des études ou une formation. Elle ne voulait pas rester seule toute la journée. Lui travaillait du matin au soir, et parfois il s’absentait plusieurs jours. Elle ne connaissait personne dans cette nouvelle ville, et le silence lui pesait.
Son mari lui répondit qu’elle devait se reposer, que rien ne pressait pour le travail. Alors Fleuréta décida de l’aider du mieux qu’elle pouvait : elle l’encourageait, l’aidait à organiser ses cours, préparait ses affaires, et faisait tout pour qu’il réussisse rapidement ses études et construise une belle carrière.
Mais au fil des mois, elle commença à remarquer des choses étranges. Ils n’avaient même pas encore dépassé une année de mariage, et déjà, il oubliait son anniversaire. Elle lui avait organisé une fête entière pour célébrer sa réussite… et il ne lui avait même pas dit merci.
Elle se disait que peut‑être les hommes étaient comme ça. Mais lorsqu’elle entendait ses amies raconter que leurs petits amis étaient doux, attentionnés, et reconnaissants, elle comprenait que quelque chose n’allait pas.
Pourtant, Fleuréta n’était jamais envieuse. Elle ne comparait pas sa vie à celle des autres. Mais elle, qui avait rêvé d’une vie romantique après le mariage, vivait une existence fade et ennuyeuse.
Son mari avait l’âme d’une personne très âgée. Elle, au contraire, voulait vivre au moins un peu de jeunesse, surtout la première année. Mais lui était toujours occupé.
Ils déménageaient sans cesse pour son travail. À chaque fois, Fleuréta faisait tout le déménagement seule. Elle était enceinte de leur premier enfant, puis du deuxième, et malgré cela, elle portait, rangeait, organisait.
Elle n’avait pas eu la vie qu’elle souhaitait : développer son business, créer ses projets. Elle faisait de petits travaux seule, discrètement, pour ne pas déranger son mari.
🌿 Les paroles blessantes du village
Dans ville natale de son mari , lors des visites d’été, certaines femmes lançaient des mots blessants : « Une femme de grande ville ne sera jamais une bonne maman. Ce sont des sorcières, elles jettent des sorts à nos hommes. Elle est trop gâtée. »
Fleuréta, qui avait tout donné pour aider tout le monde, était profondément touchée. Pour s’intégrer, elle commença à s’habiller comme elles, à cuisiner pour toute la grande famille, à faire le ménage pour tous. Elle n’avait jamais fait cela chez elle, mais elle voulait éviter que son mari ait honte d’elle.
Son mari, même s’il essayait de ne pas écouter ces femmes, commença à douter. Les paroles du village lui tournaient dans la tête. Il se disait : « Et si elles avaient raison ? »
Au retour d’un voyage, il changea. Il ne voulait plus qu’elle sorte. Il ne voulait plus qu’elle travaille. Fleuréta pensait qu’il était jaloux, alors elle lui montrait qu’elle était fidèle, qu’elle ne s’intéressait qu’à sa carrière et à leur famille.
Treize années passèrent ainsi. Elle n’avait jamais pu travailler. Mais elle était heureuse pour lui : il avait obtenu un très bon poste. Grâce aux économies qu’elle avait faites — en se privant de tout, en gérant la maison seule, en évitant les dépenses inutiles — ils purent acheter leur première maison.
Elle achetait ses vêtements avec l’argent de ses petits travaux. Elle ne sortait pas, ne dépensait rien, pour que la maison soit payée.
Quand elle proposa à son mari de chercher un emploi dans cette ville, maintenant qu’ils étaient enfin stables, il lui lança une phrase qui lui brisa le cœur :
« Ce n’est pas ta maison. Tu peux partir à tout moment. »
Après tout ce qu’elle avait fait pour lui, cette phrase fut un coup terrible. Elle pria Dieu de la guider, de lui montrer le bon chemin, de l’aider à ne pas mal juger son mari malgré toutes ces années difficiles.
Il finit par la laisser sortir un peu plus souvent avec ses amies du peuple. Fleuréta n’avait jamais perdu son collier de valeur, même après une vie si dure. Elle avait traversé toutes les étapes que les femmes pauvres traversent
le travail forcé, la solitude, les sacrifices. Elle, qui ne connaissait pas cette vie, l’avait vécue pleinement.
Et elle se dit : « Je ne referai plus cela. J’ai compris l’ingratitude des êtres humains. »
Alors elle décida de se relever seule, avec son honnêteté et ses formations.
🌸 La rencontre avec Haute
Un jour, dans une ville où se mélangeaient noblesse et peuple, elle rencontra Haute. Une amie qui lui ressemblait. Fleuréta était heureuse de la connaître. Avec Haute , Fleuréta pouvait être elle‑même.
Haute venait d’une famille noble, et elle avait l’esprit ouvert. Elle comprenait Fleuréta sans jugement. Elle aussi était mariée, mais elle était discrète. Fleuréta, elle, parlait avec naïveté, et dès leur première discussion, elle lui confia que son mari était très dur et ne la laisserait surtout pas parler librement.
Elle lui expliqua qu’elle était toujours surveillée, parce que les femmes du village disaient : « Une femme de grande ville ne peut pas être une bonne maman fidèle. »
Ces paroles, sans preuve, avaient détruit l’harmonie d’une famille.
Après avoir parlé avec Haute, Fleuréta se sentit soulagée. Elle avait enfin trouvé une amie qui la comprenait.
Une personne âgée passa près d’elle et lui dit : « Fais attention. Ce peuple n’est pas toujours gentil. Suis l’histoire de Haute, et tu sauras ce que ton mari a fait derrière ton dos. »
C’était étrange. Mais Fleuréta avait prié le divin. Peut‑être était‑ce un message pour la guider.
La vieille femme ajouta : « Ne laisse jamais Haute. Aide‑la comme tu peux. C’est une bonne personne. »
Et Fleuréta, qui aimait aider malgré les coups de la vie, resta auprès de Haute. Cela lui faisait du bien d’être avec une amie qui lui ressemblait.
Avec le temps, elle comprit qu’elles avaient les mêmes traits : la froideur quand elles se fâchaient, l’honnêteté un peu brutale, la sensibilité cachée.
à suivre ...

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